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Historique du village

Cazouls d'Hérault, village languedocien ou de la Septimanie romaine, tire ses origines d’un ancien franchissement de l’Hérault par bac. Le chemin de "Lanau", en occitan "la barque", en perpétue le souvenir. Au 13ème siècle, les Templiers fondèrent leur Commanderie. Ce sont probablement eux qui fixèrent à proximité de leur château le noyau de peuplement actuel. Les Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, qui les remplacèrent, vendront une partie de la seigneurie à Thimothée de Monchal. Cette co-seigneurie se maintiendra jusqu’à la Révolution. Par la suite, la vigne envahira la plaine et deviendra la principale ressource du village. Sa particularité, Cazouls la doit à ses digues pour se protéger des crues de l’Hérault. Aujourd’hui, elles sont devenues un lieu de promenade et permettent aux visiteurs de découvrir d’une manière insolite la plaine de l’Hérault.

Le nom de Cazouls d’Hérault

A travers les siècles et les ages, le nom de Cazouls d’Hérault a beaucoup évolué. Le tableau ci-dessous retrace par année les différents noms attribués à notre commune et les ouvrages ou ils ont été lus tels qu’ils sont retranscrits.

Années

Livres d’histoire et orthographe de Cazouls

822

Villam de Cinciano**) et Cazules

825

Cazules (Cartulaire d’Aniane)

971

Casellas in comit Agath (Cartulaire de Gellone)

990

Ecclesian San Petri cin sun porturio ad adimentarios

1150

Cazols

1173

Villa de Cazulis *) (Arché d’Agde)

1181

Villa de Cazulis (Cartulaire d’Aniane)

1195

Terminio de Cazulis (Cartulaire d’Agde)

1203

Ecclesiam San Petri de Cazulis

1222

Villa de Cazulis (Hôtel de Ville de Narbonne)

1307

Domus Milicia Templi de San Petri Villa de Cazulis

1312

Domus Sanctis Johanis Hierusalem de Cazulis

1344

Cazulis Juxta Pedenacio (A.Municipales de Pezenas)

1361

Cazulis

1577

Cazoux

1622

Cazoulx

1625

Cazouls d’Hérault

1626

Cazoulz (selon F.R Hamlin)

1649

Cazoulz (selon F.R Hamlin)

1668

Cazouls d’Hérault

1740

Cazouls d’Héraus

1760

Cazoulz (selon F.R Hamlin) ou Cazoul d’Héraud

*) Cazulis : Nom d’époque Gallo-Romaine qui signifie "aux petites maisons"
**) Cinciano / Cissan : commune qui se situait entre Cazouls d’Hérault et Nizas

La Septimanie dans l’histoire

La Septimanie : à priori, curieux nom proposé un moment donné pour rebaptiser la Région Languedoc-Roussillon. A la lecture des différentes informations historiques, ce nom se veut justifié d’un point de vue historique et géographique.
L’histoire démontre qu’en 473 après J.C, on trouve la première mention écrite du nom Septimanie. On attribue l’origine de ce nom à deux phénomènes.
En 49 après J.C, César après sa victoire sur Marseille, permit à Narbonne de prendre la première place sur le littoral méditerranéen. César renforça alors la présence romaine dans le sud en fondant d’autres colonies, dont celle de Béziers, la Colonia Julia Septimanorum Baetera, destinée aux hommes de la VIIe légion. Selon certains historiens, ce sont ces vétérans, les septimani, qui donnèrent, 6 siècles plus tard, leur nom à la province de Septimanie.
On attribue plus vraisemblablement le nom de Septimanie aux sept évêchés qui jalonnaient la Province. Du 5ème au 10ème siècle, la Septimanie recouvrait les départements de l’Aude, de l’Hérault.

4 extraits de "Mes souvenirs de jeunesse" par Amédée Lagriffoul

Amédée Lagriffoul, né le 16 avril 1814, capitaine en retraite, chevalier de la Légion d'Honneur, était l'ancien Maire de Cazouls d'Hérault. Son petit ouvrage "Mes souvenirs de jeunesse" évoque les conditions de vie à Cazouls d'Hérault au cours de la première moitié du XIXe siècle.
L'imprimerie G. Firmin, Montane & Sicardi à Monpellier, rue Ferdinand-Fabre et quai du Verdanson, à édité son ouvrage en 1904.

La chronique de Maxime Bellières

 

 

 

La chronique de Jean-Claude Séguéla

Comité pour la mémoire Louis Paulhan et du centenaire du vol Londres - Manchester

Les Amis de Pézenas, Jean-Claude Séguéla et un Comité pour sa mémoire œuvrent pour qu’un fleuron de l’aviation oublié en France, Louis Paulhan, né à Pézenas le 19 juillet 1883, soit reconnu à sa juste valeur. texte PDF Biographie Louis Paulhan
A Cazouls d'Hérault deux maisonnettes donnant sur le Plan Neuf sont le berceau de la famille de cet aviateur. Une plaque est apposée sur la maison et un descendant de la famille Paulhan y réside toujours. La municipalité qui soutien ce projet, a accueilli le Comité pour la mémoire de l'aviateur Louis Paulhan. Reçue par le Maire Henri Sanchez et Haude Vigneron 2° adjointe, les Amis de Pézenas, des représentants de nombreuses associassions piscénoises, des Cazoulins , des descendants de la famille Paulhan ont travaillé sur un calendrier de manifestations qui en 2010 auront pour but de rappeler le rôle éminent de ce pionnier de l'aviation française. De nombreux projets sont en effet prévus à Pézenas, dans le Nord, à Manchester... mais aussi à Cazouls qui ont pour thème lla commémoration du centenaire du vol Manchester-Londres par lequel Louis Paulhan à gagné en 1910 le très convoyté prix du Daily Mail doté de 10 000 £.
Une exposition de documents originaux lui fut consacrée à la Médiathèque du village du 22 au mardi 29 décembre. Une visite guidée le 29 décembre à 17h suivie d'une conférence par Jean-Claude Séguéla clôtureront la manifestation.

texte PDF Louis Paulhan "l'homme vent"

Quand réffleurit la langue d'Oc

En affichant ce double panneau aux entrées du village, Cazouls d’Hérault rappelle pour cette graphie occitane "CASOLS D’ERAU"* son appartenance au Languedoc.

En effet, il n’y a pas de "z"» dans la langue des troubadours, un seul "s" entre deux voyelles (comme en français d’ailleurs) traduisant ce son.
Quant au "o", il a valeur de "ou" quand il ne porte pas d’accent grave. Que dire de cet accent aigu sur le "à" qui est un accent tonique car la langue d’oc, bien antérieure au français, est restée fidèle au bas latin que les conquérants romains imposèrent en Provence et dans la Gaulle Narbonnaise.
Ainsi, comme le faisaient les Cazoulins au siècle dernier, il faudrait prononcer "caz" suivi d’un "ouls" atténué.
De même d’ERAU ("éraou") est la forme fidèle à la forme romaine d’Arau "fleuve aurifère" transportant des paillettes d’or (encore recherchées à Saint Bauzille de Putois) : "L’erau carreja d’or" dit le proverbe…
Ce n’est pas pour jouer les savants que je rappelle cette étymologie, mais simplement rendre à César ce qui lui appartient !
L’antériorité de l’occitan doit être reconnue et il serait utile dans les noms de lieux, tènements, compoix (cadastre ancien) conserver cet héritage qui "colle" davantage à une réalité oubliée, plus pittoresque, plus réaliste quelquefois que l’orthographe française qui masque, qui ignore notre langue, ses us et ses coutumes.
Ainsi pourrait-on rétablir avec l’aide des anciens détenteurs de cette précieuse mémoire locale, un petit lexique à l’usage des générations à venir. Y associer les enfants de l’école (enquête par exemple) en assurerait la pérennité.Je vous livrerai pour terminer une anecdote car j’avais eu l’occasion de relever dans 2 ou 3 villages du Gard et de Lozère : un chemin des Trépassés à l’opposé du cimetière et n’y menant d’ailleurs pas !
Certes l’on connaît la baie des Trépassés en Bretagne, loin de tout cimetière, mais ici sans rapport avec les drames de la mer ! Il suffisait de consulter le cadastre ancien du village pour comprendre que ce "camin de tres passes" avait été "baptisé" si j’ose dire, "chemin des trépassés" par un secrétaire de mairie ignorant l’occitan et par la même dénaturant le caractère de ce petit chemin "de 3 pas" qui ne menait certes pas très loin, mais Dieu merci pas au cimetière !
Le chantier linguistique est ouvert et j’en appelle aux bonnes volontés pour mettre en commun, établir, rétablir cette saveur des noms occitans qui n’est ni plus, ni moins la défense d’un terroir à nul autre pareil.
_______
*) en latin Casulae – cabane, genre maset de pêcheur dans une zone alors marécageuse

C.G.V. - Section communale des vignerons de Cazouls d'Hérault
Souscription publique en faveur de Marcellin ALBERT

1907 : A propos de Marcelin ALBERT …
Le baptême du "Camin*) Marcelin**) ALBERT " pour commémorer le centenaire des mouvements viticoles de 1907 et honorer son leader charismatique, n'est pas un hasard… Ici même une souscription publique non datée de quelques 48 donateurs en faveur de Marcelin ALBERT s'élevait à 88 francs 75. Cette aide allait à ce défenseur de la viticulture qui avait sacrifié son activité pour se consacrer à cette immense tâche et avait fini par être "lâché" après son entrevue avec Clémenceau et sa sortie de prison…
La section communale des vignerons de Cazouls très en pointe lors des manifestations fut solidaire jusqu'au bout avec Marcelin ALBERT, lui octroyant 20 francs or à elle seule. Cela méritait d'être souligné autant que la fidélité de la commune à son histoire ou son passé, cent ans après…
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*) prononcer "cami",
**) Marcelin (graphie occitane un seul L)

Un centenaire oublié

Carte Postale montrant le combat victorieux au regard du monde, de la vigne contre le pain de sucre.

Un fait important est passé inaperçu à l'automne 2007.
Le centenaire de l'obligation de déclaration de récolte qui faisait suite aux événements de 1907 – loi obtenue le 29 juin.
Cette mesure que les viticulteurs demandaient était essentielle pour contrôler le volume produit et traquer ainsi "les fabriques de vin" de Bercy, de Sète ou de quelques négociants fraudeurs ajoutant à la surproduction. Une des causes de cette crise était le mouillage et le sucrage dénoncés par les producteurs lors des manifestations du printemps 1907 : "L'aiga a la font, lo sucre au sucrier" (*1)
C'est donc à l'automne que fût déclarée pour la première fois - à l'issue de vendanges catastrophiques (pluies continues et inondations) - la récolte de cette année terrible (mévente et intempéries).

A Cazouls ce ne sont pas moins de 106 déclarants (le cinquième de la population) qui inscrivent la quantité récoltée.
17.375 hectolitres sur une surface de quelques 355 hectares avec d'énormes disparités.
3 gros propriétaires, le Comte d'Espous 5.760 hl, la Comtesse de Saint Germain 3.670 hl, Auguste Olivier 2.900 hl., qui a eux seuls totalisent 12 330 hectolitres ! (*2 )
Beaucoup de petits et moyens propriétaires et d'ouvriers agricoles déclarant de 875 à 7 hl ! (*3)
On voit dans ces chiffres toute l'importance de cette monoculture qui faisait vivre le village. Par comparaison la déclaration de 2007 : 12 déclarants, 5.000 hl environs sur quelques 66 hectares montre le déclin de cette activité en termes d'emploi et de volume, mais on le sait une révolution qualitative menant à l'excellence. Les vins d'aujourd'hui n'ont plus rien à voir avec ceux de 1907 !
Que le millésime 2008 atteigne des sommets pour notre plaisir et notre santé. (*4)
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*1 – Inscrit sur des pancartes, ce slogan « L'eau à la fontaine, le sucre au sucrier », dénonce les pratiques frauduleuses d'alors.
*2 – L'importance des caves et bâtiments d'exploitations en témoigne encore.
*3 – Chiffres extraits des archives communales déposées aux Archives Départementales année 1907. On peut cependant consulter en Mairie la liste des 106 récoltants de Cazouls.
*4 – À consommer avec modération, associé au régime méditerranéen, le vin a une action bénéfique antioxydant, anticholestérol...

J.C SEGUELA co-auteur avec Jean SAGNES de LA REVOLTE DU MIDI DE 1907 de A à Z, aux éditions ALDACOM


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